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Monday, 17 January 2011

Arts du Mythe



English version follows the French one
Arte éditions sort en coffret de 4 DVD l'intégrale de la série Arts du mythe, actuellement diffusée sur la chaîne jusqu'au 13 mars 2011( tous les dimanches à 20H15). Cette série documentaire enquête dans chaque épisode sur un des objets emblématiques des arts dit premiers.
Ce coffret de DVD est donc un excellent complément à une visite au musée du quai Branly où les objets ne sont accompagnés d'aucune explications.
Personnellement passionnée par l'art (vous avez dû le remarquer) et les sciences humaines, j'ai été très intriguée par ce coffret, surtout après l'immense déception qu'a été pour moi le musée Branly. Avant d'entrer dans les détails je le dis clairement cette série documentaire est géniale et elle ouvre d'immenses horizons à l'imagination, autant probablement que ces oeuvres en ouvrirent pour les surréalistes ( qui sont souvent cités dans les épisodes).
J'aime le titre de cette série car il met bien en exergue le fait que l'objet est un objet d'art, mais qu'il est aussi lié à des histoires, des mythes fondateurs. Ainsi chaque épisode ne se limite pas à l'observation et l'étude de l'objet, il y a toujours un conteur qui raconte une version de la légende.
Tous passionnants,les épisodes voyagent entre les survivants des ethnies, les artistes, les spécialistes, croyants, scientifique... rendant à l'oeuvre sa complexité, le replaçant dans une tradition vivante, revivifiant sa mythique.

Certains épisodes sont plein de suspens et d'humour comme celui du crâne en cristal de roche, dans lequel on voit d'abord différents allumés, fans d'ésotérisme, parler d'extra-terrestres, de télépathie et d'Atlantis avant qu'un scientifique ne donne la date de naissance du crâne en calculant jusqu'où l'eau à pénétré dans le cristal... Il y a un petit côté Scoubidou ou Tintin dans la construction qui les rend absolument délicieux à regarder .

L'intérêt pour les peuples primitifs est venu après leur soumission (par la force) aux religions et modes de pensées européennes. Et il est difficile ( pour moi, en tout cas) de ne pas voir dans la présence de ces objets dans nos musées, spécialement quand ils ont été enlevés par la force, des symboles des abominations qu'ont vécues ces peuples. Heureusement une des qualités de ces documentaires est de remettre les objets dans leur contexte originel, et aussi, subtilement, de rester critique vis à vis des colonialismes et divers ethnocentrismes.

Dans l'épisode du pendentif Maori de Nouvelle-Zélande plusieurs descendants maoris s'émeuvent de la vision et de la signification des bijoux qui pour les envahisseurs, aveugles à la spiritualité, n'étaient que des objets de troc. Cet objet représentant les ancêtres se transmet de générations en générations, et parfois disparaît dans un tombeau pour revenir selon son mérite autour du coup d'un héritier, parfois lointain. Or quand ils finissent dans des musées, la chaîne se coupe et ces objets sacrés lustrés au contact des peaux deviennent ternes.

Chaque épisode ouvre, en vérité, un monde nouveau, le fond influence la forme, et l'objet devient pour nous la clef d'une civilisation. Quand il est un faux ou un leurre, il devient le symbole de l'avidité occidentale pour le savoir et le mystérieux, nous qui vivons dans un monde si tristement rationnel ( en apparence)! Personnellement je trouve cette série très excitante et inspirante!

*****



The box set is complementary with a visit of the Paris museum of Quai Branly, where the items are exhibited without explanations.
Before getting more into the details, I want to express my enthusiasm. i was utterly disapointed with the visit in the Quai branly museum and these DVDs reopened my interest into primitive arts and the myths their linked to.
I love the title of the series which gives back to the object its meaningful function of displaying a myth, of being part of a religion, of legends. Thus each episode is not limited to the observation but there are also storytellers who gave us their version of the tales linked to the item. These documentaries are opening big doors in my imagination, probably like the opuses did to the surrealists when they first met them ( and they're quite often present in Arts and Myths)

All fascinating, the episodes give us explanations from specialists, survivors of the ethnic groups, interpretations, connexion between modern and primitive arts, scientific points of views, believers point of views... giving back to the opus its complexity, putting it back into a lively tradition, reviving its mythic.

Some episodes are full of humour and suspense, like the one of the crystal skull, in which a few weirdos, fan of esotericism speak about aliens, telepathy and Atlantis, before a scientist shows us his experiment to give an approximation of age to the skull. While the filmmaker could have given us directly the truth, he played, first, with fantasy and legend, conducting his documentary like a scoobidoo or Tintin episode, which is absolute fun!
Our interest for primitive peoples came after their submission ( by force) to European religions and ways of thinking. And it's difficult ( for me, at least) not to see in the presence of those items in our museums, symbols of the abominations endured by those people.
Luckily, one of the qualities of these documentaries is to put back these objects in their genuine environment, and also, to subtly stay critical towards all kind of colonialism and ethnocentrism.

In the episode of the Maori pendent from New Zealand, few Maoris descendants are moved by the vision of the jewel and its signification which was only considered by the invaders, instead of a way to bond, as barter.
This jewel representing the ancestors is transmitted from generation to generation, and sometimes an ancestor was buried with it, and forgotten for a few generation until a valuable descendant was considered worthy of wearing it. So when one of these pendent ends up in a museum, its course is finished, instead of being polished against human skin it turns dim.
Each episode opens, a new world, its structure being influenced by the object, this one becomes for us the key of another civilisation. When the item is a fake, it becomes the symbol of our greed for knowledge and mystery, we who are living in this so called rational world! Personnally I find these series very inspiring and exciting.

Sunday, 7 November 2010

BASQUIAT, une vie



ENGLISH VERSION FOLLOWS THE FRENCH ONE
A l'occasion de l'exposition sur Jean-Michel Basquiat qui a lieu au musée d'art moderne de la ville de Paris jusqu'au 30 janvier 2011, Arte Editions a sorti le 3 novembre, dans la collection Monographie d'artistes Basquiat, un documentaire de Jean-Michel Vecchiet.
Ce documentaire retrace en 52 minutes rythmées par le jazz, la musique de Gray ( le groupe de Basquiat) et ses incursion de MC, la vie d'artiste de l'homme. Comment il se fit connaître par ses graffitis sous le nom de Samo ( pour same old...) et comment il représentait cette génération d'artistes qui vivait dans un downtown New York rongé par les drogues, l'énergie et la créativité. Pour ceux qui ont comme moi découvert Basquiat à travers la tiède mais esthétique biographie de Schnabel ce documentaire rend la couleur à la couleur et l'énergie à l'énergie. Basquiat n'est plus vu sous un angle bourgeois et morbide, mais par ses pairs qui ont grandi à l'art en même temps que lui. Il est décrit comme l'être unique avec un point de vue unique qu'il était.

Le documentaire commence et fini par l'évocation d'Arthur Rimbaud et il évident que Basquiat fut le Rimbaud du vingtième siècle. En temps que MC ou en tant que Street artist il s'est d'abord exprimé avec les mots. Basquiat est replacé dans le contexte de l'histoire de l'art en tant que premier artiste de couleur noir à devenir célèbre. Et à travers ses oeuvres il a tenté de remettre à leur place ceux qui l'avaient précédés : les grands musiciens de jazz , les athlètes, boxers... tous ceux qui avaient dû entrer par la porte de service alors que lui, eut les honneurs de la couv' du New York Times magazine, des galeries huppées et comme est dit dans le documentaire (avec une référence ironique que vous ne manquerez pas de noter) aux « réceptions de l'ambassadeur ». A travers son amitié avec le peintre africain Ouattara Watts, Vecchiet montre que Basquiat désirait s'imprégner de ses racines africaines et voulait connaître et faire connaître la scène artistique contemporaine africaine.
Si la fulgurance de la carrière de jean-Michel Basquiat l'a probablement détruit, jamais ce documentaire ne le crucifie dans une image morbide de martyr de l'art.
Des pistes de réflexion sont lancées comme cette anatomie Gray (le nom de son groupe) qui lui fut offerte par sa mère à l'age de 7 ans, le choc de la vision de Guernica...
L'usage de la drogue est circonstanciel, Suzanne Mallouk (qui fût sa petite amie) le dit : tout le monde, elle comprise, prenait de la drogue. Si elle pouvait influencer la construction technique de l'oeuvre, elle n'en fût jamais le moteur.
Ce documentaire est filmé un peu comme ces archives super 8 ou super 16 de Warhol ou de Jonas Mekas. La forme s'allie avec le fond. Les murs graffités du downtown, le choix des interviewés, la bande son en font un objet artistique en lui-même riche en idées et qui comme devrait le faire tout bon programme sur l'art nous donne envie de le partager, de regarder le monde et de créer davantage.
Ce documentaire est disponible ici pour 19,90 euros


The big artistic event, this autumn in Paris is the Jean-Michel Basquiat's exhibition at MAM until the 30th of january 2011. To accompany it Arte Editions released the 3rd of november in the collection Monographie d'artistes Basquiat, a documentary by Jean-Michel Vecchiet also available in english.
This documentary rythmed by Jazz, Gray ( Basquiat's band) and his incursions as a MC, describes the artistic life of the man. How he was already famous as a street artist under the name of Samo ( for same old...) and how he also represented a whole generation of artists living in plagued by drugs, energy and creativity Downtown New York. For those like me who discovered Basquiat through the tepid but aesthetic biopic made by Julian Schnabel, this documentary gives back colors to colors and energy to energy. Basquiat is not anymore seen through a bourgeois and morbid point of view but by his pairs who « grew up » in art with him. He's described like the unique being with a unique point of view that he was.

This documentary starts and ends with an evocation of Arthur Rimbaud and it is obvious that Basquiat has been the Rimbaud of the twentieth century. As a MC or as a street artist he was first verbal.
Basquiat is also put back in the context of art history as the first black artist to become famous. And through his opuses he tried to include to the general history the athletes and jazzmen who, before him, had to take the service entrance while he had the honour of New York Times magazine's cover, of the smart galleries and the embassies receptions. Through his friendship with the African painter Ouattara Watts, Vecchiet shows that Basquiat had a strong desire to link his art to Africa, and also to know the African contemporary art scene.
If the impressive speed of his exposure, probably destroyed Jean-Michel Basquiat, this documentary never crucifies him in the image of an art martyr.
Clues are given about the genesis of his art, like this Gray's anatomy( Gray was his band's name) that his mother gave him when he was seven, the shock of meeting Picasso's Guernica...
The use of drugs is incidental, Suzanne Mallouk ( who's been his girlfriend) says it: everyone was taking drugs, including herself. If it could influence his technique it's never been what drove his art.


This documentary is filmed like those 8 or 16 mm archives by Warhol or Mekas. The process is harmonious with the essence. The graphed walls of downtown New York, the choice of the interviewed, and the soundtrack make it an artistic project, rich in ideas and which like all good programs about art gives us the desire to share, watch the world and create more.
This documentary is available here for 19,90 euros
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