ENGLISH VERSION FOLLOWS THE FRENCH ONE (NO NEED TO USE GOOGLE TRANSLATION)
Ce film est l'adaptation
cinématographique du livre et donc du travail de Georges Devereux
avec James Picard, un amérindien Black Foot: Psychothérapie d'un
indien des plaines. Il s'agit donc d'une histoire vraie et d'un
document d'une richesse incroyable parce que grâce à Arnaud
Desplechin on peut avoir dans un film de deux heures la vision
globale d'une analyse complète.
Je n'ai pas encore lu le
livre de Devereux, donc je ne peux pas vous dire si l'adaptation est
fidèle, mais vu que le film ne semble rien réduire à des ficelles
grossières, a priori ça ne m'étonnerait pas qu'il y soit
relativement fidèle.
J'avais très très envie
de voir ce film pour au moins 5 raisons, et je n'ai pas du tout été
déçue. Mes raisons dans le désordre sont :
ensuite j'adore les
films de Desplechin, il est un des cinéastes contemporains que je
préfère.
La psychanalyse me
passionne.
Et j'adore Mathieu
Amalric et Benicio del Toro.
Ce qui m'a très vite
frappée dans cet opus, c'est le contraste entre le fantasme que
j'avais de ce que pouvait être la thérapie d'un amérindien et sa
réalité. C'est-à-dire que je m'attendais à voir des
psychopathologies nouvelles avec des symptômes originaux et
exotiques. Par deux fois déjà on m'avait expliqué que peu importe
les ethnies, les pathologies sont les mêmes, même si leurs
expressions peuvent être différentes mais il m'a fallu ce film pour
finalement intégrer cette notion. D'ailleurs mon a-priori est
partagé par les personnages du film : lorsqu'il est établi que les
problèmes de Jim Picard ne sont pas d'ordre somatique, la première
question que se posent les membres de l'hôpital militaire de Topeka
est « avons-nous déjà traité un indien ? » et c'est
ainsi qu'ils font appel à Georges Devereux.
La différence en réalité
entre la psychanalyse d'un occidental moyen et celle d'un natif
américain par exemple Jimmy Picard, m'a semblé que justement dans
sa culture il y a déjà des concepts permettant de circonscrire la
réalité psychique. Comme par exemple celui de la mère phallique
qui est …...... (case à remplir SVP par ceux qui verront le film
après avoir lu cette critique (je ne suis pas une bonne critique je
ne prends jamais de notes durant les séances de cinéma)).
Ce qui est le plus
fascinant chez les grands acteurs et dans les grands films c'est la
concentration. La façon dont un mot, par exemple, est prononcé de
façon nette, précise et sans ambiguïté. James Picard (Benicio del
Toro) a une présence, un impact sur la caméra qui prouve que rien
d'autre n'existe que le moment présent.
Ce qui est notifié de
façon subtile dans le film, c'est le rapport de l'Amérique à ses
natifs. Lorsque Jimmy se rend dans un bar on lui demande sa carte
d'identité pour lui servir de l'alcool, comme s'il était mineur. Et
il ne peut pas retirer de l'argent à la banque sans la signature
d'un « blanc ». Desplechin n'a pas appuyé sur le mépris
et le racisme et les a juste cantonné à des faits pour laisser
s'exprimer à l'incroyable finesse et intelligence de Jimmy.
Jimmy dit qu'il pourrait
parler des rêves toute la journée.
Ce film tisse très
finement les relations entre ses deux hommes et l'évolution de la
thérapie. La façon dont Devereux donne les outils de base de
l'analyse à son patient pour le laisser ensuite quand il les
maîtrise, se dépatouiller avec, pour qu'il ne s'agit pas d'une
relation de blanc à indien, mais d'homme à homme. L'outil de base
est ici l'analyse des rêves. Bientôt le filmage nous fait entrer
dans ces songes, si bien que parfois le lien entre ce que le film
présente comme réel et le rêve devient incertain. Pas de
changement des couleurs ou de flou artistique pour signifier qu'on
n'est plus dans la réalité. Techniquement Desplechin reste au plus
près de son sujet, c'est-à-dire d'un homme qui parfois ne sait plus
où commence et où s'arrêtent les états de veilles et de sommeil.
Je ne vais pas aller dans
les détails et analyser une scène, car je pense qu'il vaut mieux
vous laisser le découvrir.
Ce film rend
merveilleusement bien, et avec une grande générosité, qui pour moi
est inédite chez Desplechin, les rapports complexes entre les être
humains et leur psyché. J'ai trouvé très belle l'analogie que fait
Devereux quand Picard lui demande combien de temps va prendre
l'analyse, il lui dit : «combien de temps faut-il pour
rassembler des chevaux égarés?» et Jimmy répond quelque
chose comme « personne ne peut savoir ».
This
film is the adaptation of the book and work of Georges Devereux with
James Picard, a black foot native American : Reality
and dream: Psychotherapy of a Plains Indian, New York: International
Univ. Press, 1951. So it's a true story, and a an amazing document.
Now thanks to Arnaud Desplechin we can have in a two hours film an
overview of a completed psychoanalysis.
I haven't
read Devereux's book yet, so I cannot tell you if the adaptation is
faithful, but as this film doesn't seem to reduce or simplify
anything I wouldn't be surprised if it was rather faithful to the
original work.
I was
absolutely impatient to see this opus for at least 5 reasons, and I
haven't been disappointed. Here are my reason (not in the order):
Arnaud
Desplechin is one of my favourite contemporary filmmaker, and Jimmy
P. is his second film in English, the first one was a British
production called Esther Kahn, that I absolutely adored.
I am
passionate about psychoanalysis.
Mathieu
Amalric ( that you probably discovered as the villain in Quantum of
Solace).
Benicio
del Toro, do you really need me to explain the attraction?...
The
native Americans ( for those who are faithful to this blog, you know
that I have covered about three years ago the festival De la plume à l'écran which promotes native American cinema. if you are in France
in two weeks I encourage you to come to their next session). I've
always been fascinated by Amerindian culture, one of my favourite
books ever is Lame deer seeker of vision.
What really
stroke me in this opus, is the contrast between the fantasy I had of
what would be the therapy of a native American, and what it happened
to be. Though I had been told at least twice that neurosis exists
everywhere in the world and in all ethnics, I still thought that
Jimmy would suffer from exotic symptoms. Needless to say that my
prejudice was shared by the characters of the opus. When they ruled
out the physical problem the first thing they wondered was : «have we psychologically treated an Indian before? » and this is
where they called Georges Devereux, an anthropologist, to do the work.
What is
notified in this film, in a very subtle way, is the relationship of
America with its natives. When Jimmy wants to purchase alcohol he has
to show an ID, like a kid under 21. And he can't withdraw his money
from the bank without the signature of a « white ».
Desplechin only displayed the facts without over dramatising them.
The contrast between the way America treats Jimmy like a kid when
he's very much an adult and the way his intelligence appears in his
therapy is sufficiently efficient.
Jimmy says
that he could speak about dreams all day long.
What is very
fascinating in great actors and great films is how focused they are.
The way, a word, for example, is outrightly expressed, without any
ambiguity. James Picard (Benicio del Toro) is here with such an
impact that only the present moment exists.
This opus
weaves very delicately a drawing of the relationship between those
two men and the evolution of the therapy. The way Devereux gives the
basic tools of psychoanalysis to Jimmy and then let him use it by
himself, shows that it's a man to man dialogue, not a white to Indian
one. This basic tool is the interpretation of dreams. And early in
the film, we enter into James' dreams. Sometimes the link between
what is presented as real and the dreams is very blurred. There are
no changes of colours in the dreaming parts, technically Desplechin
stays faithful to Jimmy's symptom which is to be unable to
distinguish dreams from reality.
I won't
analyse any details of any scene, you must all discover by yourself.
In my
opinion this films re-establishes very well and with a great amount
of generosity , which is new in Desplechin 's filmography, the
complex connections between humans and their psyche. I loved
Devereux's analogy when Picard asked him how long it takes to finish
a psychoanalysis, he says «how long does it take to gather
runaway horses? » and Jimmy answered something like « no
one can know ».
Quand j'ai appris il y a quelques mois dans le très bon blog the playlist (qui a eu ces derniers jours des ptits problèmes avec google) que les white stripes allaient sortir un documentaire sur leur tournée dans les petites villes du Canada, je n'avais qu'une hâte: le voir immédiatement!
D'abord parce que les White Stripes sont un puissant groupe de rock, et par puissant je parle et du son, et des émotions qu'ils génèrent. Ensuite parce que leur démarche et leur mentalité est profondément artistique. Comme dit Jack dans ce même film dont je vais vous parler dans quelques lignes « les whites stripes sont à la fois le groupe le plus artificiel du monde et aussi le plus réel ». Les voir au travail est une opportunité que j'attendais depuis longtemps.
Le père noël, qui est bien généreux, m'a apporté noël dernier, leur dvd de gig the white stripes under blackpool lights. Il est tourné en super 8 avec superbe grain. j'ai été bluffé par l'esthétique de cette captation, ainsi que par l'implication et l'énergie incroyable de Jack et Meg du premier au dernier morceau!
The white stripes under great white northern lights monte un cran au dessus:
Le concept était donc pour Jack et Meg qui n'avaient jamais jouer au Canada de faire une tournée couvrant toutes les provinces de ce grand et froid pays. Et aussi de faire chaque jours des concerts improvisés en ne donnant le lieu de l'événement, au début qu'une heure avant, puis internet et l'information allant très très vite, 10 minutes avant le gig.
On voit donc Meg et Jack jouer dans des bars, sur un bateau, dans un bus, au bowling... Leur rencontre la plus touchante étant (pour moi) celle avec les aînés indiens qui bien que très âgées tapent du pieds, puis font écouter leur musique aux stripes tout en proposant un peu de square dance.
Le traitement de l'image est époustouflant, parfois on revient au noir et blanc granuleux du 16 mm, il doit aussi y avoir du 16 mm couleurs, les paysages sont filmés dans toute leur splendeur laissant le temps s'écouler à grande vitesse, les nuages s'estomper et la marée passer.
Les white stripes sont des artistes, il ne cherchent pas seulement comme tout groupe de rock qui se respecte à devenir des dieux vivant peu importe comment, leur but est d'aller vers plus de création. Et Jack explique que l'inspiration ne lui tombe pas du ciel, qu'il se met des contraintes, se met au boulot coûte que coûte: Il utilise les mêmes instrument depuis dix ans, ils n'utilisent pas de set liste, il fait en sortes que la scène ne soit pas arrangée de façon pratique pour qu'il se passe quelque chose, leur concert n'est pas réglé comme une horloge comme beaucoup de gig qu'on voit maintenant, tout peu arriver car c'est la musique le moteur de tout, et le but c'est que tout puisse arriver. Les white stripes ont un amour réel de la scène!
Le jour où j'ai acheté Elephant, j'étais à une fête de famille, et voulant écouter le disque immédiatement je l'ai mis sur la chaine de mes grands parents ,personne n'a protesté, et tout le monde a dansé sur 7 nation army. Ce riff est si prenant qu'il ne se limite à aucunes générations. Il y a dans la musique des white stripes quelque chose d'universel de l'ordre du paganisme et de l'inconscient du monde. C'est pour ça que j'ai été touchée qu'ils demandent aux vieux indiens de leur transmettre un peu de leur tradition orale, ainsi la boucle se bouclait entre l'énergie qu'ils déploient et les traditions les plus anciennes du monde ( ce passage m'a beaucoup rappelé et je ne pense pas que ce soit un hasard du tout le documentaire de Robert Kramer, Route One USA.).
A voir absolument!
When I learnt a few months ago, in the excellent blog the playlist ( which had a few problems with google recently) that the white stripes were about to release a documentary on their canadian tour, I was very excited and wanted to see it immediately!
Many reasons explain this excitement, first because the white stripes are a powerful rock band, by that I mean that their sound and the emotions they're generating are powerful, and also because the way they work and the way they think is deeply artistic.
As Jack says in this same film I am going to talk about in a few lines « the white stripes is altogether the most artificial and the most real band. » To see them at work was an opportunity that I was expecting for a long time.
Last year Santa, which is very generous, brought me for christmas their dvd the white stripes under Blackpool lights. it was shot in super 8, with a splendid, sexy and organic old school grain, I've been swept away by the aesthetic , and the incredible commitment and energy of Jack and Meg. From the beginning till the end, they were entirely devoted to the music as Jack says « the music is in charge of us ».
The white stripes under great white northern lights is even better!
The concept was for Meg and Jack , who had never toured in Canada, to cover every provinces of this large and cold country, and in every places to make improvised gigs. At first they gave the locations of the gig an hour before, but then with internet and all high speed communication tools just ten minutes before was enough.
So we witness Meg and Jack playing in bars, on a boat, in a bus, at the bowling..
To me, their most touching meeting is with the indian elders. Even though they looked quite old they were sensitive to the music, and made the white stripe listen to their square dance .
The cinematography is breathtaking, sometimes grainy white and black 16 mm is used, sometimes color 16 mm ( I believe). The landscapes are filmed like zen moment in their beauty and their ugliness ( both coexistent most of the time, nature being amazing and cities quite ugly)
The white stripes try to be as creative as they can, Jack explains that inspiration doesn't come like that and most of the time it's through constrictions and hard labour that he find something interesting:
They've been using the same instruments from the beginning, there is no set list, and no preparation of the stage, instruments are far away from one another which forces Jack to cross the stage. This gives opportunity for things to happen, and while other band tend to control everything for perfection, the white stripes give all their energy in the moment and in the performance, anything can happen and anything is welcomed.
It's not a matter of making money, but of expressing oneself,and that's what I love about them. The day I bought Elephant there was family at home, and as I was impatient to listen to this album I put in the CD player, and you know what? everyone moved on 7 nation army especially my grand mother! In the white stripes music, there is something universal which touches paganism. This is why I was so moved when Jack asked the indian elder to transmit a bit of their oral tradition, and the loop between rock and roll modern paganism, and the ancients world was closed ( this episode also reminded me, and I don't think that is chance of Robert Kramer's extraordinary documentary Route One USA)
The white stripes under great white northern lights is a must see.