Thursday, 2 April 2009

Le Bal des actrices/ the actress' bal de/by Maiwenn



English:
What does it mean to be an actress? Or, to generalize the topic, to be a working and ambitious woman? Maïwenn's second film plays the card of the documentary (fake) with a hint of musical (because after all being an artist is having dreams and what is a human being without dreams?)
Actresses play and caricature their own part. I could quote lots of extracts of the film, like Marina Foïs complaining in the streets about the way she was treated by a careless and pretentious filmmaker, when suddenly a sixty something woman who saw the camera, takes this opportunity to express her anger about the government and how Sarkosy is starting to turn France into Berlusconi's Italy. After the woman is gone, Marina looks at the camera and says "that puts my little problems into perspective! That's true what she's saying!" I don't know if the woman was an actress or just an inspired passer by!
I think that this extract that I choose to take as an example of the film, is symptomatic of the way Maïwenn films, she seeks the truth which is quite rare especially in terms of acting in French cinema.
                                      


For the first time in France I heard a speech about acting that warmed my heart. There is a scene where a thirty something failing actress blows a fuse in the acting workshop where she spent a year of savings, she yell at her teacher (Christine Boisson) "Tell us something that we can use, tell us something about acting… and Boisson answered "Don't do this job! Don't do this job" and like the actress I cried hearing so much stupidity against the voice of pure passion! This is also the speech that society delivers, in France at least to aspiring actors!
This film is sometimes emotional and most of the time hilarious. It's surprisingly a success in France, so maybe it will cross the borders of the hexagon, so if you get a chance run and see it!!!
                  
                  
Français:
Qu'est-ce que cela veut dire : être actrice? Ou pour généraliser le sujet, être une femme exigeante et ambitieuse dans sa carrière? Le deuxième film de Maïwenn joue la carte du documentaire (faux) pour traiter ce sujet avec une pincée de comédie musicale pour exprimer le rêve (après tout que serait un artiste sans rêves?)

        

Les actrices (toutes des vedettes comme dirait la mère Denis) jouent et caricaturent leurs propres personnages. Je pourrais citer beaucoup d'extraits de ce film, comme lorsque Marina Foïs se plaint tout en marchant dans la rue de la manière absurde et stupide dont elle a été traitée par une directrice de casting, tout à coup une femme qui passait par là profite de la caméra pour exprimer son dégoût de la politique de l'actuel gouvernement, et la manière dont Sarkosy est en train de transformer la France en Italie sauce Berlusconi. Une fois la femme hors champ, Marina regarde la caméra et dit " ça remet les choses en perspectives! C'est vrai ce qu'elle dit!" Je ne sais pas si la femme est une actrice ou une passante inspirée mais cette scène relève parfaitement du style de Maïwenn et de son désir de vrai. Elle recherche le réel ce qui est très rare dans le jeu des acteurs en France qui se contentent le plus souvent d'une caricature édulcorée de la vie, et tout le monde fait avec parce qu'a prés tout " c'est du cinéma!"

Pour la première fois en France j'ai entendu des discours sur le jeu d'acteur qui me réchauffait le cœur. Il y a une scène dans laquelle une actrice de la trentaine qui échoue, pète un câble dans le cours pour lequel elle a dépensé, apparemment pour rien, un an de ses économies, elle crie sur son professeur (joué par Christine Boisson) "apprenez moi au moins une chose, apprenez nous au moins une chose…" et Boisson répond en surarticulant " Ne faites pas ce métier, ne faites pas ce métier" et là j'ai éclaté en sanglots et j'avais envie de tuer Boisson de dire une chose aussi conne, et c'est exactement comme ça que l'actrice sur l'écran, sorte de double de mon propre échec à réagit. "Ne faites pas ce métier" est aussi, après tout, le discours que la société délivre aux aspirant acteurs, leur sapant le moral dès le départ au lieu d'encourager leur passion. Dans les pays anglo-saxons on gagne sa vie en tant qu'acteur, même si on n’est pas fils ou fille de, il y a de la place pour tout le monde! Comme c'est triste comme c'est déprimant! Bref, le film a eu un succès inattendu, surtout chez les femmes, et j'en suis très heureuse!!

            

Wednesday, 1 April 2009

lat den ratte komma in/ Let the right one in/ Morse de/by Tomas Alfredson


English
As I wrote in the preview of this and the other articles to come, we crossed a cinematographic desert and it was necessary to take risks to get pleasure. Let the right one in's pitch had all the qualities to seduce me: vampire, children winter tale… I heard in that, the tragedy of not ever growing up and the promise of a non cheesy view on childhood. I was right!
                      
In the seventies Denmark a 12 years old blond boy lives with his mother, is bullied at school and tries to deal with it, a new neighbour moves in at night with a 12 "something" girl.
This film that I saw just after Twilight is symptomatic of the difference between European and American imagination.

It treats the vampirism with realism, no vegetarian vampire, the girl needs human blood and this need is organic and beyond control. When her stomach growls lives are in danger! Hunger is the rhythm of her "life" and her tragedy. Her first companion(in the film), whose untold story probably tells the future of our young hero, became a father for her, someone to help her finding food. This film is deeply organic and thus profoundly poetic. Denmark is the country of Hans Christian Andersen, of the cruel fairy tales where children are not saved by Disney's fairies. In this film the magic of winter and the magic of this love story which can't become sexual and which end is written in the snow is beautiful!
                         
                         
Français
Comme je l'ai écrit, il y a longtemps maintenant dans l'article annonçant celui-là, la période de janvier à début mars a été un désert cinématographique. L'histoire de Morse avait toutes les qualités pour me séduire: vampires, conte d'hivers avec des enfants comme héros… dans cela j'entendais la tragédie de ne jamais grandir et la promesse d'une vision de l'enfance moins guimauve que celle que l'on nous sert souvent, j'avais raison!




Dans le Danemark des années 70, un garçon de 12 ans qui vit avec sa mère est soumis à des violences quotidiennes de la part de ses camarades de classe. Il cherche ou plutôt fantasme des moyens de sortir de cette situation, lorsqu'un nouveau voisin emménage de nuit avec sa fille de 12 ans " à peu près". J'ai vu ce film juste après Twilight, et je pense que la comparaison des deux œuvres avec leur thème commun des amours entre vampires et humains chez les ado (ou pré ado dans Morse) stigmatise la différence entre l'imaginaire américain et européen.
Ce film traite du vampirisme avec " réalisme", revenant à un certaine pureté dans un genre tellement cinématographique et télégénique qu'il en est devenu absolument post modern ( au lieu de post mortem) accumulant les données de centaines de films, de récits, des légendes et diverses croyances… Bref Lorsque l'estomac de notre vampire gronde des vies sont en danger, et la douleur dans son corps la plie en deux et lui ordonne de tuer. La faim rythme sa vie, ce qui rend ce film profondément organique puisqu'il est soumis aux besoins d'un corps.
Je rappelle que le Danemark est le pays de Hans Christian Andersen, auteur de conte profondément beaux, cruels et masochistes: rien à voir avec Disney! La fin de cette histoire est hélas inscrite dans la neige qui ne semble jamais fondre, elle ose être tragique et donc sublimissime, je recommande très fortement cet opus!
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