Showing posts with label fête du cinéma. Show all posts
Showing posts with label fête du cinéma. Show all posts

Wednesday, 27 June 2012

Marathon fête du cinéma jour #3




Au café en attendant d'aller à l'Action Christine voir l'homme des hautes plaines.
Vu à 13h45 au Reflet Médicis Quand souffle le vent de Jimmy Murakami
Film d'animation britannique avec musique de David Bowie et Roger Waters. Arrive la troisième guerre mondiale, une bombe nucléaire va tomber sur la Grande Bretagne et un couple de personnes âgées retiré à la campagne et très british prépare leur abris en suivant à la lettre une brochure du gouvernement. Ils se rappellent le blitz. Film charmant de l'understatement. Nos deux vieux n'ont pas vraiment conscience de l'ampleur de la catastrophe et de leurs corps qui se détériorent à cause des radiations, ils ressemblent à des personnages de pièce de Samuel Beckett, à Winnie qui dans Oh les beaux jours continuait à mener une existence optimiste enfoncée jusqu'au cou dans une motte de terre. « Always look on the bright side » Une bombe atomique bouge à peine leurs habitudes, le film est très poétique et très doux.
C'est mon coup de foudre du jour sans conteste. La réalisation est un mélange merveilleux entre animation dessinée à la main, à l'ordinateur, filmée en décor et avec des objets recréés. Parfois les personnages s'échappent dans des rêveries et des contemplations, parfois ils réinventent leurs souvenirs, et se jouent de leur obsolescence de l'absurdité de cette guerre qu'ils ne comprennent pas et ne cherchent pas à comprendre. On sent le soin qui a été donné à cet opus, c'est un petit chef d'oeuvre qu'il faut absolument aller découvrir au reflet Médicis!

Jimmy Murakami (QUAND SOUFFLE LE VENT, 1986) from Unzéro Films on Vimeo
Je prends donc un déca rue Dauphine avant d'aller voir cet homme des hautes plaines à l'Action Christine.
Dans la queue Western, il y a principalement des hommes et majoritairement retraités, un grand père emmène ses trois petits fils qui glaces et crêpes au nutella attendent sagement dans la queue, j'apprends plus tard que le cinéma va lui servir de baby-sitter. Dans la salle arrive ensuite un papa avec deux enfants de moins de 10 ans, ça me fait donc assez rire quand le film commence et qu'il apparaît avoir été interdit aux moins de 17 ans à sa sortie aux USA. L'Action Christine est le seul cinéma ces derniers jours où j'ai vu une copie 35mm, le seul cinéma où le film commence directement sans les sempiternelles et stupides pubs. Je me demande pendant combien de temps on pourra encore venir y voir des classiques. Je n'avais pas spécialement envie de voir l'Homme des hautes plaines, surtout que depuis quelques temps je m'intéresse moins à Clint Eastwood, mais j'avais envie d'aller à l'Action Christine.
L'Homme des hautes plaines de Clint Eastwood

Suis maintenant au Saint-André-des-arts pour voir Jitters, donc: l'Homme des hautes plaines me plairait peut-être plus si Clint arrêtait de violer les femmes et qu'elles lui disent merci après! Sans déc! Le film est en fait une sorte de Joueur de flûte de Hamelin, sauf que les rats sont des bandits, et que le joueur de flûte joue plutôt très bien du révolver. Le problème pour les gens de la ville c'est ensuite et pendant d'ailleurs de se débarrasser du joueur de revolver. Le film est plutôt maladroit, par lourdeur rhétorique. Eastwood fantôme vengeur repeint littéralement la ville de Lago couleur de l'enfer et met en scène la défaite de ses ennemis bourgeois trouillards et lâches. Je ne pensais pas tomber sur un film aussi macho testostérone, j'avais mélangé les intitulés je m'attendais à voir Kirk Douglas, mon problème avec les westerns c'est que je me mélange entre les titres français et les titres originaux et finalement j'en arrive à ne plus vraiment savoir ce que j'ai vu, bref ce Eastwood là mérite quand même bien de se faire oublier!
Attendre le RER aux Halles, un trompettiste nous fait swinguer et l'ambiance tropical met les gens de bonne humeur. Je voulais aller à l'UGC ciné cité voir Starbuck j'ai vu durant ces derniers jours tant de fois la bande annonce que ma curiosité...enfin... la queue était terrifiante. Pourquoi la fête du cinéma ne remplit-elle que les UGC? Notre trompettiste entame l'Hymne à l'amour et voilà que mon RER se pointe.
Donc la fête du cinéma 2012 a fini pour moi avec Jitters de Baldvin Zophoníasson, film islandais mignon sur la transition de l'adolescence à l'age adulte. Gabriel rencontre Markus lors d'un séjour linguistique à Manchester, après une soirée bien arrosée ils s'embrassent, sur cet épisode Gabriel garde le silence, mais tout le monde perçoit chez lui un changement pour lequel ils veulent une explication. Stella vit chez sa grand-mère raciste et paranoïaque, Stella est mal dans sa peau, et souffre de dépression. La mère de Greta est trop fétarde et Greta va vivre seule dans une coloc à 16 ans, elle veut faire la connaissance de son père... les personnages sont tous très touchants et vivants, ils ne sont pas des clichés d'ados. C'est un film charmant qui n'apporte rien à l'art mais fait une belle coupe en douceur de l'adolescent de 2012 en Islande.

Donc voilà c'est fini ce petit marathon, j'ai donc vu 9 films, dépensé en films environ 32 euros en cinéma, beaucoup plus en boisson et nourriture pour tenir entre les séances, certes ça me revient plus cher qu'une carte illimité, mais ça a aussi plus de valeur à mes yeux en tant qu'expérience accumulative, et en tant que plaisir d'avoir joué le jeu et redécouvert les petits cinémas du quartier latin et de saint-Germain des prés. Dans ces cinémas le public est respectueux du film et n'a rien à voir avec les consommateurs mangeurs de pop corn des Halles. Un ringard vient de s'assoir à côté de moi j'entends la musique de ses écouteurs c'est de la vieille disco bien pourrie, je me sauve! 

Monday, 25 June 2012

Marathon fête du cinéma Jour #1




Dimanche 24 Juin ( marathon fête du cinéma jour 1)
13h20 cinéma l'arlequin sous la pluie
L'assassin Elio Pietri
Ma che bello Marcello! Ce film le filme sous toutes ses coutures, veut découvrir comme dans un bon Maigret( sans effet et sans twists) la personnalité de son petit escroc de charme, homme à femme, joueur et manipulateur sincère. On voit ses combines, ses petites manipulations, mais peut-il avoir tué son amante, et les flash back qui sont de son point de vue sont ils la réalité? Filmé librement en extérieurs souvent, dans les grands espace de l'Italie antonionienne le film respire et s'amuse de lui-même. Bien sûre le suspense n'est pas tant dans l'enquête que dans le personnalité d'Alfredo qui semble pourtant agir toujours de façon sincère et ouverte. La vibe sixties de ce film le rend plaisir pour les yeux.

La fête du cinéma a surtout un public du troisième age et les salles du sixième sont loin d'être pleines, c'est d'ailleurs probablement un jour comme les autres car lorsqu'on leur présente le ruban qui sert cette année de pass les gens sont étonnés, avec les cartes illimitées plus personne ne joue le jeu de l'enchainement des films jusqu'à tomber par terre, il n'y a que moi et je m'en amuse.
Trois Femmes, Robert Altman au Reflet Médicis rue Champo
J'écris ceci au café, au Danton à côté de l'UGC Danton, à côté discussion intergénérationnelle sur les héros de nos enfances, les Cousteau, Haroun Tazief, la fille parlait d'Adieu Berthe et maintenant l'homme se rappelle qu'il poussait des petits vélos pour simuler le tour de France dans sa chambre.
Donc 3 femmes: très fort et étrange, toujours le suspense sur la nature des personnages.
J'ai mangé un falafel Maoz.
Millie (Shelley Duval) est tout dehors, rien dedans, elle parle et les gens l'ignorent, Willie peint des fresques dans le style bizarre +gréco-romaine et Pinky Rose, gamine, se cherche une identité. L'eau les lie, les piscines, les bains gériatriques, l'aquarium...
je lève le nez, je regarde passer les parapluies.
Puis par le transfert de l'eau et d'une tentative de suicide, le passage par la mort: Pinky devient Millie. Elles se passent les hommes, les identités s'échangent. Magnifiquement joué le film se dérobe à une interprétation fixée, les identités sont fluides et poreuses comme l'eau. La perfection formelle du film, le désir des personnages de s'échapper d'eux-même et le drame de la féminité font que ce film vous colle à la peau. Le silence dans la salle était préhensible et incarné tout le monde retenait son souffle peut-être pour ne pas pleurer. Les images sont splendides, ces espaces déserts de la Californie, et puis j'aime cette idée que la personnalité est quelque chose d'aussi fluctuant que l'eau, pour moi ce film contient beaucoup de personnage de fictions féminins, Carrie bien sûre, comment ne pas penser à elle quand Sissy Spacek est là, mais aussi Lolita, ou Holy Golightly. Dans le cinéma d'aujourd'hui l'histoire est devenue tellement proéminente qu'il faut tout réduire à la logique, et avoir pour tout une explication claire possible, quel dommage, on n'explore donc que très peu la marge de la compréhension... et pourtant ce film reste réel et réaliste et plausible?
Adieu Berthe, Bruno Podalydes( UGC Danton) j'ai twitté #onsaitquandonestdansuncinemaUGC quand tout le monde croque des pop corns, quand il y a toujours quelqu'un qui chuchote, quand les gens ricanent à tout bout de champ, quand on se tape une demi heure de pub.

Suis dans la salle du reflet pour voir Barbara.
Adieu Berthe m'a beaucoup émue, la salle riait et moi je pleurais, je sens toujours plus la tristesse du personnage que son éventuel ridicule. Le film est extrêmement touchant et charmant.
J'ai vraiment ri quand dans les pompes funèbres over design Définitif, le croque mort essayait de mettre en marche un hologramme façon princesse Leïa dans Star Wars, et qu'il n'y arrivait pas. Les bruitages étaient les mêmes que dans la guerre des étoiles, là j'ai commencé à rire.
Le film est souvent joué de façon assez théâtrale et se libère quand on visite la maison de retraite paradisiaque où Berthe a fini ses jours qui serait comme une annexe de la comédie française avec tout ces noms d'auteurs de théâtre sur les murs, les citations, et les vieillards tous magiciens.
J'en ai marre de voir toujours les mêmes bandes annonces, le truc Starbuck « el masturbator » commence sérieusement à me saouler. J'ai un coup de barre est-ce que je remets ça demain?
Donc Adieu Berthe met en parallèle pour Armand (Poda) la mort de sa grand-mère, donc la conscience de sa propre mortalité et son choix de vie continuer avec sa femme ou avec sa maitresse, alors qu'il aime les deux et que les deux l'aiment encore et malgré tout. J'aime beaucoup les croques morts Obsécool qui s'occupent aussi des enterrements des animaux et sont philosophes, quand ils parlent d'Haroun Tazieff et des volcans je comprends enfin la conversation dont j'étais témoin au café. J'aime bien entendu l'idée dans ce film que les conventions amoureuses ou d'enterrements sont toujours à recréer il qu'il n'y a pas de raisons de s'enfermer dans une théâtralité que les autres nous impose parce que «c'est comme ça ».
Et pour la troisième fois la bande annonce de Lola qui elle ne me dérange pas, car j'aime Lola.
Le film commence.

Barbara, Christian Petzold
Quand j'ai pris ma place, j'ai demandé au caissier combien de temps durait le film car il était déjà 22h, il m'a dit 3h40 et j'ai ri « il n'y a que la maman et la putain qui dure 3H40 » quoi a dit l'autre car il n'avait entendu que le mot « putain » , « et Laurence anyways aussi... » moi j'ai répondu avec le sourire, finalement Adieu Berthe m'avait détendue et comme il avait cessé de pleuvoir... « on ira la voir quand même »... j'ai montré mon poignet avec le pass fête du cinéma comme bracelet et j'ai pris ma place pour le quatrième film de l'après-midi à 22h... donc Barbara...
Il devait y avoir une fuite d'eau au reflet, il y avait un goute à goute pendant tout le film.
Barbara est un film très structuré narrativement ce qui serait mon seul reproche car la vie n'est pas aussi bien structurée et que je me méfie des films qui manquent de lignes de fuites et d'un puissant hors champ (j'écris du RER B le type d'en face a enlevé ses chaussures et ça sent un peu la marée)
Mais en dehors de ça le film respire, il est porté, il est comme une pièce avec un timing parfait et des acteurs à leur summum, c'est un bel exemple d'une histoire d'amour et d'application du serment d'Hippocrate, j'aime que le vent le batte et cette présence de la mer qui ne se révèle visuellement qu'à la fin. C'est l'histoire en RDA d'un médecin, Barbara qui a été déclassée et se retrouve à la campagne dans un petit hôpital, tout le monde l'observe, et elle connait le système, elle prépare son échappée, mais elle se laisse peu à peu apprivoiser par le médecin chef de son hôpital... c'est un très bon film.

Conclusion: Il y a longtemps que je n'avais pas fait un marathon cinéma, les salles n'étaient pas pleines à cause de cette majorité de « nouveaux cinéphiles » et leurs cartes illimitées, je n'ai pas de carte illimitée, mais j'ai aimé cette journée malgré la pluie et la tristesse, c'est comme si j'étais entrée dans les rêves des autres, je faisais ça très souvent des marathons de film, avant, je continue donc demain!
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...