


Bunny Lake a Disparu raconte une histoire atroce, la disparition d'une enfant, mais ne la traite pas comme une histoire atroce. Preminger la raconte comme un conte pour enfant, un Hansel et Gretel moderne, se passant dans les rues de Londres. Les situations dramatiques sont systématiquement dédramatisées, elles sont mises à nu, ce qui les rend plus effrayantes encore. Le spectateur n'a aucun indice sur l'existence ou non de Bunny, il se retrouve dans la même situation que dans la vie.
Techniquement ce film est d'une virtuosité à couper le souffle, des travellings stylés dans des décors naturels suivent le visage frais et ému de Ann (magnifique Carol Lynley). Un cool jazz remplace la musique angoissante de thriller qui aurait pu hérisser nos nerfs. Le générique de Saul Bass est un chef d'oeuvre en lui-même.
La présence du monde réel, de la réalité est très prégnante. Lorsque le super-intendant Newhouse (Olivier) invite Ann au pub, pour la rassurer que les recherches continuent, il lui montre la télé où l'annonce de la recherche de Bunny commence mais quelqu'un change de chaine pour laisser chanter les Zombies ( que personnellement j'adore).

Ce qui est merveilleux dans ce film, c'est la façon dont le personnage d'Ann se développe, au début on la perçoit de l'extérieur comme un être humain normal, et on a donc des préjugés on la voit comme une naïve fragile puis peu à peu elle se libère des avis des autres personnages montre sa force et sa grande intelligence. C'est un personnage extraordinaire tout à fait passionnant.
J'aurais l'extrême bonté de ne rien vous dire de la fin terriblement effrayante et totalement camp, mais ajouterais que dans les ingrédients, il y a une visite nocturne dans un hôpital pour poupées, et une autre dans un hôpital psychiatrique. Dans la dernière scène Preminger sait magnifiquement exploiter et devancer nos peurs.
Je vous encourage à voir ou à revoir ce film étrange de Preminger qui sortant des genres nous emmène sur des routes non explorées, il est fascinant et extraordinaire.


Otto Preminger's films, technically perfect, vicious like Hitchcocks, and brilliant concerning their inner contents, also have the greatness to be privileged scenes for actors. Take Anatomy of a murder where two generations have a rare opportunity to confront: Jimmy Stewart Vs Ben Gazzara, or the very strong performance of Marilyn Monroe is the River of No Return. Here it's Laurence Olivier who plays without make up showing us in a very sober and moving interpretation his true self.



Technically this film is of an heart breaking virtuosity, the stylish travellings filmed in natural settings which are following the fresh and moved face of Ann (wonderful Carol Lynley) are amazing. There's cool jazz instead of anguishing thriller music, and the titles created by Saul Bass are by themselves a masterpiece.
The presence of the real world outside our story, but in the film is very obvious. When the superintendent Newhouse (Olivier) invites Ann in a pub, to reassure her that the researches are going on he points out the announcement about Bunny on TV, but someone change the channel to let the Zombies (which I personally adore) sing.
Like in real life, no one cares about the story apart from those involved in it. This scene is brilliant because it shows the existence of the Off-screen instead of closing the film on itself.

I'll be nice enough and won't spoil the ending for you, but the ingredients of this ending are so poetic and camp, that you must at least know that a dolls hospital and psychiatric hospital are involved.
In the last scene Preminger wonderfully knows how to exploit and outstrip our fears.
I encourage you to watch or re-watch this strange film, which by getting out of the genres lead us on non explored roads. It an extraordinary and fascinating opus.

1 commentaires:
Tu m'as donné envie de le voir.
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