Monday, 2 May 2011

Opening Night, John Cassavetes

La version française suit la version anglaise.
Often I write about films that I have just discovered whether they are classics or not, and my opinion is always fresh. Today it's different cinétrafic asked me to make a critic about a film that I know by heart, and which is easily on of my favourite films ever.
I first saw Opening night when I was fifteen or sixteen and my attraction towards this film was kind of weird because it looked like all I wouldn't love, but God I loved it and still do, I was obsessed by this film.
Myrtle Gordon actress in her fifties has to play a part that she doesn't rely to. Acting and theatre is all her life, she has no family, no husband no children, acting is all that she have, and she knows her job but this time she can't find, can't understand who the part is and everyone projects their own problems on her. The author who's an ageing woman thinks that Myrtle can't deal with age, her director that she's trying to screw the play...
After one of the rehearsal in public, a young fan follows her to her car screaming “I love you, I love you, I love you, I love you”, and while the car starts under the pouring rain, while she's still sending kisses, she's run over by a car, and dies. It's a tragedy for everyone, but for Myrtle this girl was passion, and emotions and now that she has aged her emotions and passions are not as strong as they used to be therefore she uses the ghost or projection of this girl to try to relate to her character, but what the mind creates is difficult to control.
This film is about creation, about how personal it is and about the sacrifices that you have to make to make art, not something pretty and convenient but something that involves guts and power, something that will change you forever.
Everyone in the play beside Myrtle would settle for convenient! Myrtle knows what theatre can do, she saw it again in her young fan's passion and would not settle for less than magical.
In this film Gena Rowlands who plays Myrtle Gordon is the best actress in the whole world, she's extraordinary, amazing, she's a goddess.
I have seen this film a hundreds of times and there has always been something new in it, at each viewing.

John Cassavetes is one of the rare filmmakers that never stayed at the surface of things, and in his this film he explores what is the creation of a part, the great amount of danger and magic it deals with, how you can loose yourself easily, and how no one is able to help you. Creation is a lonely path, that demands to get involved, committed with one's whole body and soul. Every actor or actor to be should see it and maybe we would get rid of all the nice and ok films of the earth.




J'écris souvent à propos de films que je viens de découvrir qu'ils soient des classiques ou non, et d'habitude mon opinion sur ces oeuvres est de première fraîcheur. Aujourd'hui à l'occasion de sa ressortie en DVD Cinétrafic me demande d'écrire une critique à propos d'un film que je connais par coeur, et un film qui construisit ce que je suis.
La première fois que j'ai vu Opening Night, je devais avoir 15 ou 16 ans, et je trouvais mon attirance pour ce film ,étrange, tant extérieurement il avait l'air glauque et triste, tout ce que normalement je n'aurais pas dû aimer, mais je le regardais et le reregardais sans l'épuiser, j'étais obsédée par ce film.

Myrtle Gordon une actrice qui a la cinquantaine doit jouer un personnage qu'elle ne comprend pas, le jeu et le théâtre sont toute sa vie. Elle ne s'est pas mariée, elle n'a ni enfants, ni famille, tout ce qui compte pour elle c'est son travail. Mais cette fois, elle se sent vidée de l'intérieur et ne sait pas qui est cette femme qu'elle joue, et personne ne peut l'aider. Tout le monde projette sur elle ses propres problèmes. L'auteure pense que Myrtle n'assume pas de vieillir, son metteur en scène pense qu'elle veut le faire échouer...
Après une des répétitions publiques avant la première à Broadway, une jeune femme accoste Myrtle, il pleut à torrent et pourtant la jeune femme la suit jusqu'à sa voiture répétant inlassablement “I love you, I love you, I love you, I love you” la voiture démarre et la jeune femme continue d'envoyer des baisers vers Myrtle, mais soudain une voiture qui ne l'avait pas vue l'écrase et elle meure. Pour tout le monde c'est une tragédie, mais pour Myrtle cette fille c'était l'ouverture sur le monde, la passion, et l'émotion ce qu'elle a perdu, alors elle utilise le fantôme ou la projection de cette jeune femme pour trouver l'âme de son rôle... mais l'inconscient n'est pas contrôlable.
Ce film parle de la création d'un rôle, à quel point c'est quelque chose de personnel, et à quel point il faut faire des sacrifices si on veut faire de l'art non pas de l'artisanat ou quelque chose de joli, de sympathique mais quelque chose qui vient des tripes qui est puissant et qui vous changera pour toujours.
Tout le monde dans la pièce se contenterait d'un jeu sympathique, mais pas Myrtle! Myrtle connait le pouvoir du théâtre, elle l'a vue encore une fois dans la passion de sa jeune fan.
Dans ce film Gena Rowlands qui joue le rôle de Myrtle Gordon est la meilleure actrice de tous les temps, elle est extraordinaire, incroyable, c'est une déesse.
J'ai vu ce film des dizaines de fois, et j'y ai toujours trouvé quelque chose de nouveau, à chaque visions, il est inépuisable.
John Cassavetes est un des rares cinéastes qui n'est jamais resté à la surface des choses, et dans ce film il explore ce qu'est la création d'un rôle, la grande quantité de danger et de magie qui entrent en jeu quand l'acteur refuse de faire semblant, de prétendre. La solitude qui en émane, mais aussi le résultat extraordinaire d'un travail qui joue avec les forces de l'imagination, de la vie, de la mort et de l'amour. La création est un chemin solitaire, qui demande un investissement total, un engagement entier du corps et de l'esprit. Chaque acteur, ou chaque personne désirant être acteur (actrice) devrait voir ce film, et peut-être qu'on en finirait avec le sympathique et le gentil!

2 comments:

Phil Siné said...

eh bien un film qui t'a carrément construit comme cinéphile, donc le cinétraffic tombait rudement bien sur ce coup là ! :)
chouette article, bilingue qui plus est ! :)

Valérie said...

Merci :)

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